Bois mort, mais pas trop

Nature morte

La série Bois mort, mais pas trop est issue de ma collaboration avec le Collectif ARTMETA.

Créé en 2008, Artmeta a regroupé les photographes Gérard Duceau et Frédérique Fouet, le plasticien Franck Guidolin et moi-même autour d’un projet commun autour du bois. De cette collaboration est née Regards croisés sur le bois, inauguré à l’église de Pontgivart, Centre d’art et de culture d’Auménancourt, le 25 avril 2009.

Technique : Photographie argentique réalisée au moyen-format – Fuji GX680, 100 mm – Fuji Velvia 50
Tirage limité à 3 exemplaires sur papier Fine Art

La série explore des objets aussi anodins que des bouts de bois, des morceaux d’écorces ou des brindilles. Glanés au fil de mes vagabondages, j’ai collecté ces objets pour créer des compositions fragiles, dans un travail d’assemblage de formes et de textures aux rencontres improbables. La nature est remarquablement composée, mais sortie de son contexte pour une nature morte, elle est à réinventer entièrement. 

Trouver les matériaux a encore été le plus simple dans cette aventure. Les bouts de bois accumulés correspondent pour beaucoup à des coups de cœur, pour des formes ou des textures. Parfois, j’ai immédiatement su comment j’allais utiliser ces objets. Parfois cela a pris plus de temps ; il a fallu que l’idée germe ou il a fallu attendre de découvrir le ou les bouts de bois complémentaires qui permettraient de réaliser LA composition. Les mains sales, je rentrais de mes pérégrinations déçue ou enthousiaste, selon la nature de mes trouvailles.

Ensuite, il faut s’ingénier à trouver une composition efficace et maintenir tout en place sans que cela s’effondre. Commence alors un ballet incessant entre cette construction fragile, le viseur et les sources d’éclairage : un flash à positionner légèrement plus en retrait pour une lumière rasante, un réflecteur à déplacer de quelques centimètres dans un sens… puis non, un élément de la composition à décaler légèrement, un cadrage à réajuster, une mise au point à vérifier, un coefficient de prolongation de pose à calculer et à répercuter sur le flashmètre, un test, puis un second, et ainsi de suite, jusqu’à tout vérifier encore une fois. Il n’y a pas de secret, il faut s’acharner jusqu’à ce que tous ces éléments s’imbriquent parfaitement.

Alors enfin je déclenche, et provoque ce vacarme saisissant du GX680. La première fois, ce raffut m’a pétrifiée tant il m’a semblé impossible que l’appareil ne vibre pas et puisse produire une photo nette. Aujourd’hui, je fais totalement confiance à cette bête de studio.